Plantes-campagnols : un suivi dédié sur 3 ans

Position des 52 quadrats suivis pour l’étude campagnols-plantes

Présentation générale du programme

Faisant suite au travail que nous avons mené depuis 3 ans sur les causes des déclins, un nouveau programme Feder se met en place sur 3 ans pour explorer précisément une hypothèse qui nous parait la plus solide sur les causes du déclin ; les campagnols ne s’installent dans une parcelle que lorsque l’habitat est de bonne qualité pour eux. S’il n’y a plus d’habitat de qualité pour les campagnols, les jeunes émigrent de la parcelle et l’on observe un déclin local des populations.

Pour ce faire, nous allons essayer de mieux comprendre l’installation des colonies de campagnols sur le terrain, leurs choix alimentaires et leurs contraintes physiologiques.

Nous allons nous intéresser à l’interaction campagnol-plante à plusieurs échelles, de la physiologie au paysage, en passant bien sûr par la parcelle et en collaboration avec d’autres équipes scientifiques.

Nous souhaitons entre autres valider les liens pressentis lors de l’étude précédente entre dynamique des populations de campagnols et couverts végétaux des prairies qui conditionnerait la qualité d’habitat (du pissenlit au menu, mais probablement pas seulement…).

Si nous validons nos hypothèses de travail, les nouvelles connaissances soutiendront une veille de terrain plus efficace, en donnant les moyens de détecter les zones de recrutement des campagnols terrestres plus précocement à basse densité. Elles apporteront de nouveaux éléments pour l’organisation de la lutte via les acteurs du territoire, à l’échelle des exploitations ou de secteurs géographiques, indépendamment des moyens utilisés (piégeage, Ratron ®, autres molécules à venir…), notamment en facilitant l’identification des parcelles ou secteurs « à risque », zones à gérer en priorité, la mise en place de techniques de « push-pull », etc…

Coup d’envoi de la mission du printemps 2021 : « les campagnols vus du ciel » ou comment la présence de pissenlits influence à petite échelle l’installation de nouvelles colonies

Notre programme se concentre ce printemps sur la compréhension des choix guidant l’installation de nouvelles colonies de campagnols terrestres dans les prairies, en conditions « naturelles ». La préparation du suivi a permis de sélectionner 52 parcelles en phase de basses ou moyennes densités chez 20 éleveurs de l’Ouest de la chaine des Puys et du massif du Sancy, de Ceyssat au Nord à Chambon-sur-Lac au Sud. Un grand merci aux éleveurs pour leur accueil chaleureux et l’autorisation d’accès aux parcelles ! Nous suivons une zone d’un demi hectare sur chacune de ces parcelles. Sur cette surface totale de 26 hectares (52 quadrats X 0.5 ha = 26 ha suivis), nous pensons observer l’installation d’au moins 100 colonies.

Vue par drone à 60 mètres sur une parcelle déjà en fleur ce printemps (Fayet-le-Chateau)

Le principe en 3 étapes :

En premier, un diagnostic des colonies ayant hiverné sera réalisé. Pour cela des photos seront collectées par drone pour situer précisément les colonies préexistantes sur les parcelles en fin d’hiver. Cette première étape a d’ores et déjà commencé fin mars et vous avez pu apercevoir la télépilote en action sur la zone d’étude. (Hélène Lisse, technicienne de recherche à l’USC1233)

Une seconde série de photographies de mi à fin avril permettra de cartographier sur les même parcelles la répartition des pissenlits, plante avec lesquels le campagnol a un lien fort, comme mis en évidence par le programme précédent. Le pissenlit a l’avantage de se voir du ciel, l’utilisation de photos aériennes va nous permettre de collecter un nombre important de données en une seule saison.

Après la 1ère fauche, la troisième session de photographies permettra de localiser les nouvelles colonies installées pendant le printemps.

Du travail d’analyse d’image (télédétection) ainsi qu’une analyse statistique poussée viendront ensuite tester des liens entre ces différentes photos. Marion Buronfosse, stagiaire en dernière année d’ingénieur agronome à Bordeaux et recrutée pour cette mission de télédétection, se penchera sur le lien entre le couvert végétal et l’installation des nouvelles colonies vis-à-vis de celles préexistantes, épaulée de l’équipe scientifique en place. Ses analyses nous permettrons de tester l’hypothèse suivante ; les nouvelles colonies s’installent là où les densités de pissenlits sont les plus fortes.

Des relevés botaniques compléteront les informations sur chaque parcelle, ainsi qu’un piégeage cet été afin d’évaluer la population et l’état physiologique des campagnols terrestres sur certaines parcelles. D’autres parcelles seront quant à elles suivies sur un temps plus long. Des tests de préférences alimentaires en cage en fonction du type de parcelle dont les campagnols sont issus seront également menés cet été et cet automne.

Piégeage des campagnols terrestres pour évaluer la population sur une parcelle à haute densité (Saint Alyre-Es-Montagne)

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